Des membres de notre mouvement sur le pont Schwint

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« Aux urnes, citoyens ! »

Nous sommes le mouvement libre et indépendant de Besançon et nous publions cette tribune sur le sursaut citoyen municipal. A l’instar de Besançon, d’autres villes sont engagées dans une réforme comme Nantes, Lille, Strasbourg, Montpellier, Marseille, Romainville, ou encore Cadix, Barcelone et Madrid en Espagne. C’est un mouvement de fond, car les villes sont les mieux placées pour mener à bien la transformation politique de notre pays, pour renouveler les pratiques politiques et mobiliser des experts dans les projets de développement et de service public.

Nous faisons d’abord un constat : une crise sociale et crise de confiance dans la politique sont causes du désengagement citoyen.

Nous vivons, en France, dans une société forte. Avec des institutions stables sur lesquelles compter, des élections régulières pour faire vivre la démocratie, un modèle politique qui prévoit des contrepoids au pouvoir exécutif, un modèle social basé sur la redistribution et la correction des inégalités.

Mais nos faiblesses existent. Le quotidien nous le rappelle. Les Français aux fins de mois difficiles se levaient, il y a un an, nous rappelant l’aggravation des inégalités sociales depuis la crise de 2008 et le tassement du niveau de vie des classes moyennes.

Cette crise sociale est doublée d’une crise de la représentation. C’est le système représentatif qui est mis en cause désormais. Il a failli, et la démocratie avec lui.

Cette crise politique et sociale nous fait traverser un épisode populiste, comme beaucoup de démocraties libérales en Europe et dans le monde. Une maladie de la démocratie. Ce populisme, de gauche ou de droite, s’attaque à la démocratie libérale, et s’étend  de l’Europe à l’Asie en passant par les Amériques, de la Hongrie aux Etats-Unis, du Brésil à l’Indonésie en passant par l’Inde.

La crise de confiance envers les élites vise en particulier les politiques. Et elle ne peut être résolue que par l’équation citoyenne. Pourtant, rien dans les programmes politiques ne semble vouloir rendre leur place aux citoyens. Des citoyens auxquels n’est dédié, comme le rappelle l’historien Pierre Rosanvallon, qu’un seul pourcent du budget de l’Europe.

On le voit bien, la réponse à la crise politique ne peut être que citoyenne et locale.

Le mouvement Bisontines – Bisontins est né de ce constat. Face à la  crise de confiance en les politiques, il y a notre envie d’accomplir un chemin de responsabilité citoyenne.

Ce réveil citoyen ayant vu le jour le 14 juillet 2018 a déjà permis l’organisation de 15 événements à l’échelle de la ville de Besançon, et il a été à l’origine d’une centaine de rencontres et réunions avec 3 000 participants au total.

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Le réveil de la citoyenneté peut tout à la fois se dresser contre le populisme et préserver l’unité de la société, car il part de la ville, du quotidien, du quartier, de la famille, des groupes d’amis, des réseaux d’entraide et de l’audace citoyenne. Une audace citoyenne qui s’est constituée à Besançon, comme dans d’autres villes, et qui a fait ses preuves en se transformant en une initiative collective inédite et solide.

Nous exprimons le besoin de sens collectif. Mais les partis politiques, tels qu’ils existent et tels qu’ils persévèrent dans leur existence, ne remplissent plus le rôle d’élaboration collective de projets.

C’est ce qui fait, en partie, que les habitants n’ont plus confiance.

Une aventure individuelle ne pourra jamais répondre aux besoins de la société. Elle ne peut mener qu’à l’individualisme, à l’usure du pouvoir ou à la guerre des égos, aux opérations de renouvellement en trompe-l’œil, et à la constitution de sociétés de secours utiles pour élus sortants.

La politique a besoin de changer en prenant ses racines dans la citoyenneté. Une citoyenneté active garante de renouveau et de réussite. Car le conservatisme nous conduira à l’échec collectif. Le conservatisme c’est l’échec

Face à cela, nous, membres et sympathisants du mouvement Bisontines – Bisontins, nous avons choisi de proposer une voie de rupture avec le monde politique bisontin en nous inspirant des valeurs des démocraties libérales, citoyennes.

Nous avons senti le besoin, la nécessité de construire un cadre nouveau, dans lequel les citoyens et citoyennes peuvent s’exprimer directement et collectivement, agir et prendre ainsi en main leur avenir.

 Nous avons bâti des espaces où les citoyennes et citoyens, quel que soit leur milieu social, ont la possibilité d’exister par eux-mêmes et non par délégation, de s’exprimer librement, d’agir, de compter dans la vie collective, de délibérer, de s’indigner, de rester éveillé, de proposer. En somme, des lieux où il revient à chacune et à chacun de faire sa part pour changer les choses.

Un espace où l’individu peut apporter sa pierre, s’exprimer et participer à la confrontation d’idées débattues en commun.

Cette démarche civique et citoyenne, qui est à nos yeux un renouveau de démocratie, se définit comme un sursaut de la citoyenneté municipale.

Notre mouvement, ses réalisations, son dynamisme, son engagement en politique, n’est rien d’autre que la confirmation d’une attente forte, d’un besoin d’action, d’audace et de renouveau citoyen.

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Nous n’avons pas trouvé de répondant politique à nos aspirations de renouveau démocratique. Il y avait un « vide » face à nous. En nous engageant dans les élections municipales, nous avons voulu combler cette carence en incarnant le changement que nous attendions. Avec des femmes et des hommes libres, des personnes qui s’intéressent à tous les sujets, des personnes compétentes qui ont fait leur preuve sur le terrain, dans leurs engagements ou leurs métiers.

Notre mobilisation pour renouveler la vie politique de Besançon est une nécessité, une évidence qui s’impose. Nous estimons faire ce qui est juste. En harmonie avec nos convictions. Cela l’emporte sur tout calcul personnel.

Nous nous étions engagés à mettre en avant les idées avant les personnes, et c’est ce que nous faisons. Nous plaçons nos efforts dans la bataille pour donner son sens à la démocratie participative. Nous défendons le dialogue réel pour une confiance partagée avec toutes les Bisontines, tous les Bisontins. Nous partageons cet espace que nous avons créé avec tous. Ce lieu d’élaboration collective du sens reste ouvert pendant notre campagne électorale, avant le mandat, mais il le sera aussi pendant le mandat.

Nous avons choisi  la rupture, avec un regard lucide. Sans penser au grand soir, ni donner de leçons, en agissant pour rendre notre ville meilleure. 

Nous sommes un mouvement libre et indépendant, qui agit et qui porte un projet inédit pour Besançon. Avec des citoyens qui font leur part et qui s’efforcent, sans accuser ni attendre des miracles, d’agir chacune et chacun à son niveau, à sa place pour le bien commun.

Nous avons l’ambition et les moyens de construire une ville nouvelle, une ville de solutions, une ville qui grandit, qui trouve sa place dans le monde, qui inspire le monde avec ses inventions et ses initiatives, sa qualité de vie, ses entreprises, ses services publics.

L’alternance est un gage pour changer de cap, pour répondre aux crises, pour dynamiser Besançon et obtenir à l’avenir des succès significatifs en matière écologique, économique, sociale et culturelle.

Besançon est prête à une alternance citoyenne. C’est le moment de changer, de faire entrer notre ville dans une période de vérité. Le sursaut est indispensable. Nous pouvons surmonter la crise politique et sociale, mais au prix d’un sursaut. Un sursaut qui rendra à notre ville un souffle économique, idéologique, démographique nouveaux. Un sursaut pour permettre à notre belle ville d’être meilleure afin de participer à un monde meilleur.

Car les villes sont les mieux placées pour prendre le leadership de la transformation politique de notre pays. Des initiatives similaires à Bisontines – Bisontins sont nées ailleurs en France et en Europe. Des collectifs citoyens comme à Nantes, Lille, Strasbourg, Saillans, Montpellier, Marseille, Romainville, ou ailleurs en Europe comme à Cadix, Barcelone ou Madrid, ont vu le jour. Nous sommes en lien avec certains d’entre eux pour apprendre mutuellement et collaborer avec eux en toute solidarité.

Nous sommes une composante de ces villes qui se saisissent de leur destin et nous appelons les habitants de Besançon à nous soutenir dans notre entreprise de réforme politique et sociale.

Ceux qui ne veulent pas changer de système sont ceux qui profitent du statu quo. Cela est vrai en matière de climat et d’environnement puisque l’écologie n’est ni idéologique ni partisane. Elle doit être populaire, c’est « un humanisme » comme l’affirment tant de femmes et d’hommes de pensées et d’action.

Le changement doit être partagé pour être pérenne. C’est vrai dans de nombreux domaines :

  • La lutte contre la pauvreté dans une ville où 11 000 ménages sont touchés.
  • La qualité de l’éducation alors que l’école et le périscolaire ne sont pas égaux pour tous.
  • Le développement économique et l’innovation alors que tant de talents et d’énergie sont bridés.
  • La tranquillité et la sécurité alors que beaucoup ne sont plus entendus.
  • Le logement et le cadre de vie devant lequel il y a encore trop d’inégalités.
  • La vie culturelle et sportive qui doit égayer les jours et les nuits du plus grand nombre.
  • La solidarité parce que l’esprit de Besançon en est mêlé.

C’est le moment de prendre un nouveau cap, d’offrir à Besançon un nouvel essor. Le mouvement Bisontines – Bisontins en est capable. Il a besoin pour cela du vote des citoyennes et des citoyens, des Bisontines et des Bisontins. Pour aller plus loin, il aura besoin de toutes les forces vives et des partenaires de l’action publique. Il aura besoin de toute l’énergie des agents de la ville et de l’agglomération car comme le disait Léon Gambetta, « on administre avec des capacités. »

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Le maire est l’élu le plus populaire aux yeux des Français. C’est un pilier de la République. Nous attendons tous qu’il soit compétent, proche des préoccupations des habitants, dynamique. Qu’il soit un rassembleur, et qu’il veille constamment à assurer le consensus,  quand-bien même il y aura matière à débattre.

Le maire doit bâtir une équipe qui ressemble à la ville. Car être élu n’est pas une profession, ni un héritage. C’est une tâche difficile, ardue, qui nécessite tout à la fois d’animer la majorité municipale, de diriger une administration parfois submergée malgré ses efforts, et surtout de fixer le cap, de s’y tenir et de l’atteindre avant la fin du mandat.

Nous appelons les Bisontines et les Bisontins à nous faire confiance de manière active, à ne pas voter « contre des partis », mais pour un renouveau, pour un programme, pour une méthode et un projet. Nous avons entre les mains le pouvoir de marquer une rupture dans l’histoire politique de Besançon, d’insuffler un renouveau, avec de nouveaux visages, une audace, des idées fortes et libres de tout compromis. Nous avons déjà un projet collectif fondé sur 40 propositions recueillies directement auprès des habitants et l’expérience de nombreuses actions citoyennes entreprises depuis dix-huit mois.

Nous avons un projet, une vision et une détermination sans faille pour mener à bien cette révolution politique.

Nous vous demandons de nous donner les moyens d’exécuter fidèlement le contrat qui nous liera à vous et qui donnera à notre ville son nouveau souffle.

C’est le moment de changer. Avec vous.

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Premiers signataires

Karim BOUHASSOUN, Président du mouvement Bisontines – Bisontins, conseiller politique

Françoise LEROY, militante de l’économie sociale et solidaire

Jean-Guy HENCKEL, Fondateur des Jardins de Cocagne

Noël FRESSENCOURT, professeur agrégé

Marianne MAGNIN, présidente du Comité de Gouvernance de The Cornelius Arts Foundation

Jean GUIPET, architecte, ancien sportif de haut niveau

Bernadette FORNO, née à Besançon

Gilles VIEILLE-MARCHISET, professeur des universités, directeur d’unité de recherche

Emmanuel DAVID, spécialiste des questions de Justice

Annick AVANZI, employée de banque

Alexandre ARBEY, rédacteur

Émine ERDEM, avocate

Madjid MADOUCHE, retraité

Sylvie HUGON, auxiliaire de puériculture

Assaad EL MELLOUKI, Social Media Manager

Marité SALISSON, retraitée, ex-présidente d’une association pour la santé

Didier MONIOTTE, ancien diplomate, sophrologue

Jean-Philippe DONZELOT, spécialiste dans l’embellissement d’intérieur

Mathilde HUOT-MARCHAND, citoyenne

Enzo FORMENTINI, industrie automobile

Georges SCALABRINO, citoyen sans étiquette

Magalie EL RHABBARI, secteur de l’énergie

Alain ARBEY, ancien employé de banque

Laurence DIKONGE, comédienne, cadre territorial

Romain HOORELBEKE, expert en immobilier 

Laurent COLAS, commissaire aux comptes & diplômé d’expertise comptable